samedi 2 juin 2012

Au pays des kiwis, dans tous les sens du terme

Aujourd'hui vous allez faire connaissance avec un nouvel ami, emblême de la Nouvelle-Zélande : le Kiwi. Laissons-lui le plaisir de se présenter tout seul.

Vous autres pauvres européens, quand vous entendez le mot kiwi, vous préparez déjà la petite cuillère et salivez d'envie à l'idée de déguster cet excellent fruit. Eh oh, il faut sortir un peu des supermarchés là ! Moi aussi je suis un kiwi ! Tout rond, tout poilu, tout brun. Mais je fais partie des oiseaux et je mérite votre attention car je suis très spécial.

L'oeuf que je ponds est énorme.
Proportionnellement, c'est comme si
une femme mettait au monde
un enfant de 10 à 15 kg !

J'en entends déjà me railler parce que je ne peux pas voler. La vérité c'est que, quand je suis apparu dans ce magnifique pays qu'est la Nouvelle-Zélande, le vol ne m'était d'aucune utilité et que par conséquence mes ailes se sont atrophiées avec le temps. Pas besoin de savoir voler car je n'avais, à l'époque, pas à craindre les mammifères barbares prêts à me dévorer, vu qu'il n'y en avait pas. J'ai donc décidé d'occuper leur niche écologique laissée vacante, en restant au sol (je m'y reproduis et m'y nourris) et en me comportant plus comme un mammifère que comme un oiseau malgré mes plumes et mes oeufs. Ça c'était au bon vieux temps !

Malheureusement pour moi (et pour 50 autres espèces d'oiseaux au moins), un jour l'homme a débarqué venant d'ailleurs. Au temps des Maoris, les choses étaient encore plus ou moins sous contrôle (quoique c'est à cause de la déforestation de leur époque qu'a disparu le gigantesque Moa). Le plus grave est survenu quand l'homme blanc s'est installé avec ses lapins. Non, non, vous n'avez pas compris ! Je ne me fais pas manger par les lapins. Ils sont et resteront toujours herbivores. Le problème c'est que les hommes n'avaient pas prévu qu'ils prolifèreraient à ce point ni qu'ils commenceraient à se nourrir des cultures. Fort de son intelligence, l'homme pond une solution géniale pour contrôler la population des lapins : il faut introduire l'hermine. Ça c'est la meilleure... Un nouvel animal ! L'hermine ne s'est pas intéressée longtemps aux lapins... Elle est toute contente de pouvoir se développer sur un territoire sans autre prédateur et elle s'en donne à coeur-joie. Qui paie les pots cassés ? C'est bibi !

Car tant que je suis jeune je n'ai pas de système de défense adapté face à pareil prédateur, tout simplement parce que tout au long de l'évolution je n'en avais jamais eu besoin. Une fois adulte je peux compter sur ma taille (quoique...) et mes fortes pattes pour contrer une attaque d'hermine. Sauf que j'ai seulement 5% de chances d'atteindre la taille adulte à cause de cette maudite bête... Je donnerais cher pour pouvoir voler maintenant !

Vous voulez écouter une autre histoire rigolote sur l'intelligence de l'homme et sa connaissance de la nature ? Un beau jour, l'homme a décidé d'introduire en Nouvelle-Zélande un animal apparement inoffensif pour faire du commerce de fourrure. C'est l'opossum. Ce lourdeau mange des quantités impressionnantes de feuilles d'arbres et de nouveau, pas de prédateur pour réguler ses populations ! Aux dernières nouvelles, il s'en trouvaient environ 40 millions en Nouvelle-Zélande, soit 10 pour chaque Néo-Zélandais. Et dire qu'avant il y en avait même 70 millions (avant le début de la campagne d'empoisonnement au "1080"). Car oui, maintenant l'opossum est considéré ennemi d'état et tout est bon pour tenter de s'en débarrasser. La meilleure dans toute cette histoire ? Dans le pays d'à côté (l'Australie), le brave animal est protégé !

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