samedi 7 avril 2012

Les temples d'Angkor

Notre dernière étape en Asie du Sud-Est se déroule à Angkor, site archéologique remarquable et mondialement connu. On nous avait prévenus de ne pas nous attendre à quelque chose d'extraordinaire de peur d'être déçus. Et ça a fonctionné ! La surprise était totale et l'émerveillement au rendez-vous. Il faut dire que le site d'étend sur des dizaines de kilomètres carrés, voire des centaines, et que les ruines offrent des heures et des heures de possibilités de visite. Pour bien faire, nous aurions dû y rester une semaine pour réellement en profiter. Mais en ce qui nous concerne nous n'avions que deux jours à consacrer aux temples, nous nous sommes donc contentés de visiter les sites les plus célèbres tels qu'Angkor Wat ou le Bayon, et de faire une grande balade à vélo entre les ruines accessibles par ce moyen de locomotion.



Ce que par contre nous ne savions pas avant d'arriver à Angkor, c'est que la visite ne se limite pas à admirer des pierres et des bas-reliefs ! Il y a également un test pratique : êtes-vous digne de voyager au Cambodge...?

Car Angkor, c'est aussi une masse impressionante de vendeurs locaux tous plus insistants les uns que les autres. Les opportunistes ont construit des centaines d'échopes dispersées sur le site, la plupart du temps juste en face des temples. Dès que l'on met pied à terre, on se fait assaillir par des "Hello Siiir, buy something okayyy?" ou des "you want cold drink Lady?" ou bien encore "one dollar! OK, two for one dollar!". Si cela se limitait à ces interjections, on n'aurait même pas parlé de ces vendeurs sur ce blog. Le problème c'est que ces gens sont tellement désespérés de vendre quelque chose qu'ils nous suivent au pas pendant un temps incroyable en nous faisant un lavage de cerveau, et qu'ils envoient même leurs enfants pour nous attendrir. On s'est retrouvés plusieurs fois avec des enfants d'environ 5 ans qui nous récitent les chiffres de 1 à 10 dans toutes les langues européennes dans le but de nous faire acheter 10 cartes postales. Les enfants sont presque pires que les adultes, ne lâchant leur proie qu'après une longue "bataille" de "you buy something yes!" et de "no thank you" inutiles. Ils emploient toutes les tactiques pour nous faire plier : l'agressivité, la douceur, l'argument du "j'ai besoin d'argent pour aller à l'école", les yeux de chien battu, etc.

Gare a vous !

Face à cette véritable petite armée de vendeurs prêt à tout pour nous faire acheter quelque chose, de notre côté il faut bien qu'on développe des systèmes de défense pour éviter de se faire complètememt plumer.

- Stade de réaction numéro 1 : répondre poliment et gentiment (avec le sourire) "No thank you" à plusieurs reprises.
Ça évidement, ça ne marche pas.

- Stade numéro 2 : l'indifférence. Après tout, si on les ignore, ils vont bien finir par lâcher l'affaire. On marche quelques mètres et puis on se retourne. Malheur ! Les enfants sont toujours collés à nos pieds.

- Stade numéro 3 : le mensonge. "Sorry, I already have". C'est archi faux et ils ne sont pas dupes : "you can buy more!".
Bref, le pot de colle est toujours là.

- Le stade 4 pourrait être de s'énerver contre eux, quand la patience fait défaut. Ce serait légitime parce que parfois les enfants nous insultent en Khmer quand on ne leur achète rien. Mais nous n'avons pas testé cette technique car elle est interdite dans toute l'Asie du Sud-Est. En effet ici "s'énerver = perdre la face" donc personne ne s'énerve jamais !

- Stade numéro 5 : amadouer l'enfant en lui donnant un biscuit. Ça, ça marche et il en est directement bénéficiaire ! Il semble qu'on ait trouvé une solution à notre problème. Mais alors il faut un fameux stock de biscuits !

Si on ne veut rien donner comme argent aux enfants, c'est parce que bien évidement leur place n'est pas sur le site archéologique en plein jour et en pleine semaine. Ils devraient être à l'école. S'ils sont là c'est d'une part parce que l'école n'est pas obligatoire au Cambodge mais aussi parce que les enfants rapportent de l'argent à leur famille. Ils sont si mignons que les touristes se laissent tenter en pensant les aider. Les enfants exploitent le souhait du touriste que tous les enfants du monde aillent à l'école en disant des choses telles que "you buy from me so I can go to school".

À-ne-pas-faire, car ces promesses sont vides. Le travail des enfants comme vendeur est justement un frein à leur scolarisation en devenant une source de revenus pour la famille, ou pire, pour les gens qui les exploitent. Mais si on creuse un peu on s'aperçoit que le problème est encore plus compliqué que cela :
Au Cambodge le "système" fonctionne largement sur la corruption. L'enseignement de l'état, qui est sensé être gratuit, n'y échappe pas : les enseignants exigent de l'argent de la part des parents d'élèves (oui c'est franchement scandaleux, on est d'accord). Les familles pauvres sont incapables de payer quoi que ce soit aux professeurs et certaines incorporent donc leurs enfants dans la vente de cartes postales, de livres ou de bibelots à Angkor dans le but sans doute de mettre leur temps libre à profit...

Pas simple tout ça !

Un visage sur le temple de Bayon,
parmi des centaines d'autres

À la fin d'un séjour aux temples d'Angkor, on mérite donc notre brevet du bon petit visiteur si :
- on n'a rien acheté aux enfants-monstres-vendeurs
- on a évité les coups de soleil
- on n'a pas payé plus de 2 dollars pour un plat au riz basique (demandez "l'autre" menu, celui avec les mêmes plats mais tout à 1,5 dollars moins cher - véridique !)
- on n'a pas acheté 50 cartes postales, 20 bracelets, 15 foulards en soie et 3 flûtes
- on n'a crié sur personne
- on a réussi à se lever à 4h30 pour aller voir un lever de soleil sur Angkor Wat.

Nous aurions pu faire un sans faute si seulement on n'était pas revenus rouges comme des écrevisses (surtout Manouane)...



1 commentaire:

Stephanie Delier a dit…

Et bien ! Vous vivez des aventures vraiment uniques ! Je suis impatiente de vous revoir et que vous nous racontiez tout ça de vive voix ;-) ça donne vraiment envie de partir à l'aventure votre blog ! Bizou

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