samedi 7 avril 2012

Vietnam : le vrai du faux

Le Vietnam est, avec la Thaïlande, le pays le plus touristique que nous ayons visité jusque maintenant. Les agences locales se sont données le mot pour faire rentrer tous les touristes dans des villes précises, reliées entre elles par des "Open Bus" chargés d'occidentaux. C'est mal nous connaitre, car nous nous avons décidé de nous débrouiller sans agence, sans "tour", sans Open Bus, et sans tuk-tuk ou taxi hors de prix. Ça surprend les locaux, mais au moins cela nous donnera l'occasion de voir le vrai visage du pays.

Car, dans les endroits touristiques, nous nous rendons compte que les histoires qu'on nous avait racontées sur les vietnamiens contiennent une part de vérité, malheureusement.  Par exemple : "ils ne pensent qu'à l'argent", ou "ils font des erreurs volontaires sur les additions dans les restaurants". C'est vrai qu'il faut systématiquement vérifier ce que l'on paie, mais on se réconforte en nous rappelant que c'est la même chose en Belgique. Il est vrai qu'on a, à maintes reprises, tenté de nous vendre une bouteille d'eau 2, 3, 4, voire 5 fois le prix du marché, qu'on nous a rendu la monnaie sur un billet de 10 000 dong alors que nous avions donné un billet de 100 000 et d'autres petites choses pas très honnêtes.

L'image parfaite du tourisme !


Mais hors des sentiers battus (par les touristes), le Vietnam offre sa véritable saveur. Les gens sont beaucoup plus gentils, nous montrent volontiers le chemin lorsque nous sommes perdus et ils rigolent de la grosse barbe de Cédric et de la peau claire de Manouane. Ils s'étonnent de notre présence et cela leur fait visiblement plaisir de voir une attraction ! À Qhuy Nhon, par exemple, ville superbe que personne ne visite jamais à part les chinois, nous avons eu droit à un traitement de faveur de la part de la patronne du restaurant que nous avions choisi. Comme peu de serveurs parlaient anglais, elle s'est elle-même occupée de nous avec une gentillesse incroyable. Nous avons également eu droit au poivrot de service qui a insisté pour nous offrir une bière. Après 10 minutes, nous avons tout juste réussi à échanger nos noms et, contre toute attente, il s'est en allé d'un air très satisfait, content qu'il était d'avoir pu "discuter" avec des occidentaux ! C'est sûr, ça n'aurait pas été aussi drôle si on était rentrés dans le système que les Vietnamiens et les générations précédentes de touristes avaient prévus pour nous...



Enfin il faut bien qu'il y ait un inconvénient à voyager indépendamment, et nous l'avons vite trouvé : les prix des bus locaux, à la tête du client. Les accompagateurs de bus profitent de notre statut très visible d'étranger pour nous pomper un maximum de sous alors qu'à la base notre billet de bus coûte déjà en moyenne 30% de plus qu'un billet normal. C'est le fameux système de prix à deux vitesses, et on y participe volontiers car c'est vrai qu'en Europe on gagne incroyablement mieux notre vie. Mais jusqu'à une certaine limite ! Là où nous ne sommes plus d'accord, c'est quand l'accompagnateur nous réclame un supplément pour nous déposer à l'endroit qui était convenu, alors que personne d'autre ne doit payer cela à part nous et qu'en plus nous avons déjà payé notre billet plus cher.

Mais les tentatives d'arnaque font partie de tout voyage au Vietnam ! Il nous faut nous rappeler les règles de bases dans une telle situation : ne jamais perdre son calme, faire durer la conversation en longueur, et insister en douceur sur le fait que la compagnie de bus nous a déjà plumés une fois aujourd'hui et qu'on en restera là. En général cela fonctionne et au final le gars lâche l'affaire. Avoir l'air abbatu, jouer la corde sensible et en appeler au "bon" coeur de notre interlocuteur marche aussi. Au plus on a l'air gentil au plus on s'en sortira bien (gentil ne voulant pas dire naïf ou faible d'esprit). Tout ça pour vous annoncer fièrement que nous ne nous sommes pas faits avoir finalement ! Il faut dire qu'on a déjà 9 mois de voyage derrière nous et qu'on commence à être rodés et à sentir de loin les mauvais coups qu'on voudrait nous tendre...



De plus en plus, nous sommes convaincus du triste impact du tourisme de masse sur le comportement de la population, qui ne permet pas de vivre des moments authentiques et dont le fonctionnement s'installe sur un échange d'espèce et non d'expérience.
De plus en plus, nous nous rendons compte qu'il vaut mieux suivre nos pieds plutôt que notre tête et que les meilleurs moments surviennent lorsqu'on s'y attend le moins.
De plus en plus, nous nous rendons également compte que chaque voyageur vit son voyage différemment et que même s'il est utile d'écouter les conseils de nos prédecesseurs, il faut aussi pouvoir s'en défaire. Conclusion : lorsque nous rentrerons en Belgique, n'écoutez pas ce que nous aurons à raconter, mais partez voir tout cela de vous-même ! ;-)

Un petit foot sur une plage près de Qhuy Nhon,
et on se baigne tout habillé, s'il-vous-plait !

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